Du 10 au 12 juin 2026, nous avons organisé à Grenoble la quatrième édition du colloque Transport Solide et Morphodynamique des Rivières (TSMR), avec le soutien de l’INRAE, d’ISTerre, de la CNR, d’EDF, d’Artelia et d’Oxalia.
Ce rendez-vous national, qui réunit tous les quatre ans l’ensemble de la communauté scientifique et technique travaillant sur la dynamique sédimentaire et l’évolution des cours d’eau, a accueilli 120 participants sur trois journées à salle comble : un signal fort du dynamisme de cette communauté.
La conférence inaugurale a donné le ton : Félix Francés (Université Polytechnique de Valence) a ouvert les débats avec une analyse du cycle sédimentaire à l’échelle du bassin versant, illustrée par la crue extrême d’octobre 2024 dans le sud de Valence ; un événement récent qui a cristallisé de nombreuses interrogations sur la connectivité sédimentaire et la réponse morphologique des cours d’eau face aux phénomènes extrêmes. Les sessions de cette première journée ont ensuite décliné une large palette d’approches : modélisation hydro-sédimentaire, observation de terrain, restauration morphologique et retours d’expérience opérationnels, avec notamment des contributions portant sur la gestion des cours d’eau endigués, la végétation riveraine et les dynamiques torrentielles.
La deuxième journée a mis à l’honneur les avancées en matière de mesure et d’observation, avec une keynote de Kristen Cook (IRD – ISTerre) sur l’apport de la sismologie environnementale à l’étude des événements extrêmes. Les sessions ont ensuite illustré la diversité des outils aujourd’hui disponibles : nouvelles méthodes de caractérisation granulométrique, approches hydro-acoustiques pour la mesure des flux sédimentaires, suivi des matières en suspension dans le Rhône, ou encore retours d’expérience issus de campagnes de mesures sur la Romanche. L’après-midi a élargi la réflexion à des thématiques variées : ensablement à l’échelle des bassins versants, stabilité des frayères artificielles, rôle du bois mort, gestion des apports sédimentaires dans les rivières alpines… Avec un zoom particulier sur les crues torrentielles liées aux cyclones Belal et Garance à La Réunion. La journée s’est conclue par une visite des laboratoires de l’INRAE et de l’IGE, offrant un cadre idéal pour prolonger les échanges.
La soirée de gala, organisée au restaurant Chez Le Per’Gras avec une vue panoramique sur Grenoble depuis la Bastille, a constitué l’un des temps forts humains de cette édition. Elle a également été l’occasion de remettre le Prix Jean Valembois 2025 de la SHF à Robin Meurice, pour sa thèse : « Downstream hydrosedimentary impacts of dam flushing: experimental and numerical modelling ». Ce prix récompense chaque année une thèse remarquable dans le domaine de la mécanique des fluides et de l’hydraulique environnementale.

La troisième et dernière journée a ouvert une fenêtre sur l’avenir avec la conférence invitée de Stuart Lane (Université de Lausanne), qui a posé une question centrale pour les décennies à venir : à quoi ressemblera le transport solide en milieu alpin dans un climat beaucoup plus chaud ? Les sessions suivantes ont prolongé cette réflexion prospective à travers des communications sur les sources et le transit des sédiments dans les rivières alpines, la modélisation hydrosédimentaire des bassins de montagne et les avancées des outils numériques dédiés à la morphodynamique fluviale.
Au terme de ces trois journées, un constat s’impose : la compréhension et la gestion des dynamiques sédimentaires exigent de croiser les disciplines, les échelles et les approches : de l’expérimentation en laboratoire aux retours d’expérience opérationnels, de la modélisation numérique aux observations de terrain.
Nous remercions chaleureusement l’ensemble des intervenants, auteurs de posters, partenaires et participants pour leur contribution au succès de cette édition, et donnons rendez-vous à toute la communauté pour la prochaine édition de TSMR !





